Le marché local
Ce que vend vraiment le bassin de Mulhouse
Mulhouse n'est pas un marché générique, et un site conçu pour Strasbourg ou Lyon ne fonctionne pas forcément ici. L'agglomération concentre quatre économies très différentes, héritées de deux siècles d'industrie, qui n'achètent pas de la même manière et dont les sites n'ont pas les mêmes obligations.
L'automobile et sa sous-traitance
Le site de production de Stellantis à Mulhouse reste l'un des plus grands employeurs industriels de la région, et des dizaines d'équipementiers, ateliers d'usinage, logisticiens et bureaux d'études vivent de ce donneur d'ordres et de ses homologues allemands. Ces entreprises vendent à des services achats structurés. Leur site doit prouver la capacité, les certifications (IATF, ISO) et la maîtrise des délais avant même d'évoquer un prix. Un site qui ne montre ni le parc, ni les process, ni les références perd la consultation sans jamais le savoir.
La chimie, la pharmacie et l'axe bâlois
Entre la plateforme chimique de Chalampé, les sites du bassin de Thann-Cernay et les géants pharmaceutiques installés à Bâle, à vingt minutes, le Sud Alsace vit au rythme de la chimie fine et des sciences de la vie. Les prestataires qui travaillent pour ces industries (maintenance, ingénierie, contrôle, formation, conseil réglementaire) s'adressent à des interlocuteurs habitués aux standards suisses. Un site daté ou approximatif y est éliminatoire, et la question de l'intervention transfrontalière doit être traitée explicitement.
Le bassin potassique et l'artisanat
Wittenheim, Kingersheim, Pulversheim, Staffelfelden : l'ancien bassin des mines de potasse s'est reconverti en tissu dense de PME artisanales, de zones d'activités et de commerces. Ce sont des entreprises de dix à cinquante personnes, souvent familiales, qui vendent à d'autres entreprises de la région. Leur site a un rôle précis : être trouvé sur les recherches locales et rassurer en dix secondes. La plupart n'ont ni l'un ni l'autre, et c'est là que le gain est le plus rapide.
Le numérique et la reconversion industrielle
Le KMØ, installé dans l'ancienne usine SACM, la Fonderie, et le tissu d'agences, d'éditeurs et de start-up qui gravitent autour de l'Université de Haute-Alsace ont fait de Mulhouse un pôle numérique inattendu. Ces entreprises vendent des services immatériels à l'échelle nationale. Pour elles, le site est l'outil de vente principal, et il se juge sur sa capacité à convertir un visiteur venu de Google ou de LinkedIn, pas sur son esthétique.